GANDHI, dirigeant politique, guide spirituel (1869-1948)« Je suis désormais plus que jamais convaincu que ce n’était pas l’épée qui créait une place pour l’Islam dans le cœur de ceux qui cherchaient une direction à leur vie. C’était cette grande humilité, cet altruisme du prophète, l’égard scrupuleux envers ses engagements, sa dévotion intense à ses amis et adeptes, son intrépidité, son courage, sa confiance absolue en Dieu et en sa propre mission».
WILLIAM MONGOMERY WATT, Universitaire britannique spécialiste de l'Islam. (1909-2006).« La façon dont il accepta les persécutions dues à sa foi, la haute moralité des hommes qui vécurent à ses côtés et qui le prirent pour guide, la grandeur de son œuvre ultime, tout cela ne fait que démontrer son intégrité fondamentale. La supposition selon laquelle Mohammad serait un imposteur soulève plus de problèmes qu'elle n'en résout. Et pourtant aucune des grandes figures de l'histoire n'est si peu appréciée en Occident que le Prophète Mohammad ».
Mahomet, Paris, Payot, 1989. 628 p.
ALPHONSE DE LAMARTINE, poète, romancier, dramaturge et personnalité politique, il participa à la Révolution de février 1848 et déclara la seconde République. Il est l'une des grandes figures du romantisme en France. (1790-1869)« Si la grandeur du dessein, la petitesse des moyens, l'immensité du résultat sont les trois mesures du génie de l'homme, qui osera comparer humainement un grand homme de l'histoire moderne à Mohammad ? Philosophe, orateur, apôtre, législateur, guerrier, conquérant d’idées, restaurateur de dogmes rationnels, d’un culte sans images, fondateur de vingt empires terrestres et d’un empire spirituel. Voilà Mohammad! à toutes les échelles où l’on mesure la grandeur humaine, quel homme fut le plus grand ? ».
Histoire de la Turquie", 1854.
NAPOLÉON BONAPARTE, Empereur de France (1769-1821) « Puis enfin, à un certain moment de l’histoire, apparut un homme appelé Mohamed. Et cet homme a dit la même chose que Moïse, Jésus, et tous les autres prophètes : il n’y a qu’Un Dieu. C’était le message de l’Islam. L’Islam est la vraie religion. Plus les gens liront et deviendront intelligent, plus ils se familiariseront avec la logique et le raisonnement. Ils abandonneront les idoles, ou les rituels qui supportent le polythéisme, et ils reconnaîtront qu’il n’y a qu’Un Dieu. Et par conséquent, j’espère que le moment ne tardera pas où l’Islam prédominera le monde, car il prédominera le monde (...). Il n’y a pas d’autre dieu que Dieu et Mahomet est son Prophète. (...) Je suis, moi, musulman unitaire et (que) je glorifie le Prophète. (...) J’espère que le moment ne tardera pas où je pourrai réunir tous les hommes sages et instruits du pays, et établir un régime uniforme, fondé sur les principes de l’Alcoran, qui sont les seuls vrais et qui peuvent seuls faire le bonheur des hommes. »
Correspondance de Napoléon, Journal de Sainte Hélène ).
GEORGE BERNARD SHAW, dramaturge, essayiste et scénariste irlandais. Acerbe, pacifiste et anticonformiste, il obtient le prix Nobel de littérature en 1925. (1856-1950)« J’ai étudié cet homme merveilleux qui, à mon avis, est loin d’être un Antéchrist, et qui devrait être appelé le Sauveur de l’humanité. J’estime que si un homme comme lui, devait exercer une hégémonie sur le monde moderne, il réussirait à résoudre tous ses problèmes de façon à lui apporter le bonheur et la paix. » Histoire de la Turquie", 1854.
GOETHE, poète, romancier, scientifique allemand, (1749-1835).« Aussi souvent que nous le lisons (le Coran), au départ et à chaque fois, il nous repousse. Mais soudain il séduit, étonne et finit par forcer notre révérence. Son style, en harmonie avec son contenu et son objectif, est sévère, grandiose, terrible, à jamais sublime. Ainsi ce livre continuera d'exercer une forte influence sur les temps à venir ». (...) « C'est dans l'Islam que je trouve le mieux exprimées mes propres idées ».
West-Oestlicher Divan, dans Dictionary of Islam (1885), paru chez Laurier Books.
20 septembre 1820, Lettre à Zelter, dans Goethe et l'Islam, paru dans Studia Islamica, No. 33 (1971), p. 151, G.-H. Bousquet.
MONTESQUIEU, moraliste, penseur, philosophe et écrivain politique français des lumières (1689-1755).A Smyrne. Il me semble, Ben Josué, qu'il y a toujours des signes éclatants qui préparent à la naissance des hommes extraordinaires. Comme si la nature souffrait une espèce de crise, et que la puissance céleste ne produisît qu'avec effort. Il n'y a rien de si merveilleux que la naissance de Mahomet. Dieu, qui par les décrets de sa providence avait résolu dès le commencement d'envoyer aux hommes ce grand prophète pour enchaîner Satan, créa une lumière deux mille ans avant Adam, qui, passant d'élu en élu, d'ancêtre en ancêtre de Mahomet, parvint enfin jusqu’ à lui comme un témoignage authentique qu'il était descendu des patriarches (...). Il vint au monde circoncis et la joie parut sur son visage dès sa naissance. (...)Selon le témoignage d'Isben Aben, historien arabe, les générations des oiseaux, des nuées, des vents, et tous les escadrons des anges, se réunirent pour élever cet enfant et se disputer cet avantage. Les oiseaux disaient dans leurs gazouillements qu'il était plus commode qu'ils l'élevassent, parce qu'ils pouvaient plus facilement rassembler plusieurs fruits de divers lieux. Les vents murmuraient c'est plutôt à nous, parce que nous pouvons lui apporter de tous les endroits les odeurs les plus agréables. Non, non, disaient les nuées, c'est à nos soins qu'il sera confié, parce que nous lui ferons part à tous les instants de la fraîcheur des eaux. Là-dessus les anges indignés s'écriaient : que nous restera-t-il donc à faire ? Mais une voix du ciel fut entendue, qui termina toutes les disputes. Il ne sera point ôté d'entre les mains des mortels parce que heureuses les mamelles qui l'allaiteront et les mains qui le toucheront et la maison qu'il habitera et le lit où il reposera. Après tant de témoignages si éclatants, mon cher Josué, il faut avoir un cœur de pierre pour ne pas croire sa sainte loi. Que pouvait faire davantage le ciel pour autoriser sa mission divine, à moins que de renverser la nature et de faire périr les hommes mêmes qu'il voulait convaincre?
A Paris, le 20 de la lune de Rhegeb, 1713. Extrait de " Lettre Persane XXXIX". Hagi Ibbi au juif Ben Josué, prosélyte Mahométan.
GUSTAVE LE BON, anthropologue, psychologue social, sociologue et scientifique français (1841 - 1931). S'il faut juger de la valeur des hommes par la grandeur des œuvres qu'ils ont fondées, nous pouvons dire que Mahomet fut un des plus grands hommes qu'ait connus l'histoire. Des préjugés religieux ont empêché bien des historiens de reconnaître l'importance de son œuvre ; mais les écrivains chrétiens eux-mêmes commencent aujourd'hui à lui rendre justice.
La Civilisation des Arabes (1884), éd. La Fontaine au Roy, 1990, Livre deuxième, chapitre premier, Mahomet, p. 76.
MICKAEL HART, astrophysicien et essayiste américain, il défend une partition raciale des Etats-Unis. (né en 1932)« Certains lecteurs seront peut-être surpris de me voir placer Mohammad en tête des personnalités ayant exercé le plus d'influence dans le monde, et d'autres contesteront probablement mon choix. Cependant, Mohammad est le seul homme au monde qui ait réussi par excellence sur les deux plans: religieux et séculier. »
Le palmarès des 100 personnes les plus influentes de l'Histoire", 1978.
JULES BARTHELEMY SAINT-HILAIRE Mahomet a été le plus intelligent, le plus religieux, le plus clément des Arabes de son temps. Il n'a dû son empire qu'à sa supériorité. La religion prêchée par lui a été un immense bienfait pour les races qui l'ont adoptée.
Mahomet et le Coran (1865), éd. Didier et cie, 1865, p. 82
BENJAMIN BOSWORTH SMITH, archevêque protestant américain (1794-1884)« Il était César et le Pape réunis en un seul être ; mais il était le Pape sans avoir les prétentions du Pape, et César sans avoir les légions de César : sans armée, sans garde du corps, sans palais, et sans revenu fixe ; s’il y a un homme qui a le droit de dire qu’il règne par la volonté divine, ce serait Mohammad, puisqu’il a tout le pouvoir sans en avoir les instruments ni les supports ».
Publié dans son ouvrage "Mohammad and Mohammadisme" 1874, p.92.
VICTOR HUGO, écrivain, poète et homme politique français (1802-1885)
« Comme s'il pressentait que son heure était proche. Grave, il ne faisait plus à personne un reproche. Il marchait en rendant aux passants leur salut. On le voyait vieillir chaque jour, quoiqu'il eût à peine vingt poils blancs à sa barbe encore noire. Il s'arrêtait parfois pour voir les chameaux boire. Se souvenant du temps qu'il était chamelier. Il semblait avoir vu l'Éden, l'âge d'amour (...) Si des hommes venaient le consulter, ce juge laissant l'un affirmer, l'autre rire et nier, écoutait en silence et parlait le dernier. (...) Il vint à la mosquée à son heure ordinaire. Appuyé sur Ali, le peuple le suivant. Et l'étendard sacré se déployait au vent. Là, pâle, il s'écria, se tournant vers la foule : « Peuple, le jour s'éteint, l'homme passe et s'écoule. (...) Un cheikh lui dit : « Ô chef des vrais croyants ! Le monde, sitôt qu'il t'entendit, en ta parole crut. Le jour où tu naquis une étoile apparut. Et trois tours du palais de Chosroès tombèrent. Lui, reprit : « Sur ma mort les anges délibèrent. L'heure arrive. Écoutez. Si j'ai à de l'un de vous mal parlé, qu'il se lève, Ô peuple, et devant tous, qu'il m'insulte et m'outrage avant que je m'échappe. Si j'ai frappé quelqu'un, que celui-là me frappe. » Et, tranquille, il tendit aux passants son bâton. Une vieille, tondant la laine d'un mouton. Assise sur un seuil, lui cria : « Dieu t'assiste ! »
Il semblait regarder quelque vision triste. (...) C'est ainsi qu'après avoir lutté quarante ans, me voici arrivé sur le bord de la tombe profonde, Et j'ai devant moi Dieu, derrière moi le monde. Quant à vous qui m'avez dans l'épreuve suivis, Comme les Grecs, Hermès et les Hébreux, Lévi, vous avez bien souffert, mais vous verrez l'aurore. Après la froide nuit, vous verrez l'aube éclore. Peuple, n'en doutez pas. Il ajouta : « Croyez, veillez ; courbez le front. (...) En priant, que vos corps touchent partout la terre. Soyez hospitaliers ; soyez saints ; soyez justes. Là-haut sont les fruits purs dans les arbres augustes. (...). Il s'arrêta, donnant audience à l'esprit. Puis, poursuivant sa marche à pas lents, il reprit : « Ô vivants ! Je répète à tous que voici l'heure où je vais me cacher dans une autre demeure. Donc, hâtez-vous. Il faut, le moment est venu, que je sois dénoncé par ceux qui m'ont connu ». La foule s'écartait muette à son passage. Il se lava la barbe au puits d'Aboulféia. Un homme réclama trois drachmes, qu'il paya, disant : « Mieux vaut payer ici que dans la tombe. » L'œil du peuple était doux comme un œil de colombe. En regardant cet homme auguste, son appui, tous pleuraient. Quand, plus tard, il fut rentré chez lui, beaucoup restèrent là sans fermer la paupière et passèrent la nuit, couchés sur une pierre. Le lendemain matin, voyant l'aube arriver : « Aboubèkre, dit-il, je ne puis me lever. Tu vas prendre le livre et faire la prière ». Et souvent à voix basse, achevait le verset. Et l'on pleurait pendant qu'il priait de la sorte. Et l'ange de la mort vers le soir à la porte apparut, demandant qu'on lui permît d'entrer. « Qu'il entre » On vit alors son regard s'éclairer de la même clarté qu'au jour de sa naissance. Et l'ange lui dit : « Dieu désire ta présence ». « Bien », dit-il. Un frisson sur ses tempes courut, Un souffle ouvrit sa lèvre, et Mahomet mourut.
Extrait de "La Légende des siècles" Première serie , III "L’Islam: L’An neuf de l’Hégire " ( au sujet du prophète Muhammad).