LILIAS TEBBAÏ, LA JEUNE MAROCAINE QUI DÉFIE LES VAGUES

LILIAS TEBBAÏ, LA JEUNE MAROCAINE QUI DÉFIE LES VAGUES

En mai dernier, la jeune surfeuse marocaine Lilias Tebbaï a raflé le titre suprême de sa discipline en devenant la plus jeune championne du Maroc de surf toutes catégories d’âges confondus.

Si le surf est en pleine expansion au Maroc, les surfeurs marocains ne sont pas pour autant assez bien représentés à l’échelle internationale. Pourtant, à 15 ans seulement, Lilias Tebbaï fait partie de l’élite. Après sa participation en octobre dernier aux Championnats du Monde junior à Los Angeles, Lilias est devenue notre grand espoir féminin. En toute simplicité, elle a accepté de répondre à nos questions. Une Interview super-décontractée !

Ton père est surfeur, serais-tu née sur une planche de surf ?

(Rires) Non je ne suis pas née sur une planche de surf mais mon père m’a mise à l’âge de 4 ans sur une planche, plus précisément un body board. Il paraît que j’essayais de me mettre debout et quand mon père a vu que cela me plaisait, nous sommes vite passés au surf.

Devenir surfeuse professionnelle, était-ce un rêve de petite fille ?

Tout-à-fait. Je rêvais depuis toute jeune, de voyager, faire, des compétitions internationales, rencontrer d’autres surfeuses du circuit et surtout hisser le plus haut possible le drapeau national.

LILIAS TEBBAÏ, LA JEUNE MAROCAINE QUI DÉFIE LES VAGUES

Ton père est également ton coach. Peux-tu nous parler de cette relation un peu spéciale ?

Ça rend les choses plus faciles parce que je peux lui dire tout ce que je ressens. Je n’ai pas de honte à lui avouer quand j’ai peur, par exemple. Ceci dit, il sait faire la part des choses et ce n’est certainement pas parce que je suis sa fille qu’il prend des gants avec moi. L’entrainement est très dur. Selon lui, je dois me donner a fond. Être rigoureuse, attentive aux remarques et très impliquée. Nous parlons beaucoup. Il connaît mes objectifs et me pousse à fond pour que je puisse les atteindre.

L’égalité des sexes, existe t’elle dans le monde du surf ?

Quand on ne te connaît pas dans un spot, on ne te laisse pas prendre de vagues. Surtout si tu es une fille. Mais dès qu’ils s’aperçoivent de ton niveau, ils te font une place et alors, on commence à te respecter. C’est en tout cas ce qui s’est passé lors de ma dernière expérience sur le spot magique de Safi. Maintenant que je suis devenue championne du Maroc, je dois avouer que beaucoup de choses ont changé.

LILIAS TEBBAÏ, LA JEUNE MAROCAINE QUI DÉFIE LES VAGUES

Justement, maintenant que tu es devenue championne du Maroc, quelle serait la prochaine étape ?

Championnats d’Europe et d’Afrique ! Il me tient vraiment à cœur d’arriver avec de bons résultats sur ces deux circuits, surtout que je viens d’atteindre mon but au niveau national. Je vais donc y aller, suivre les étapes une à une et ma finalité, ce serait d’arriver aux Championnats du Monde. Mais bon, ce n’est pas pour tout de suite !

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LILIAS TEBBAÏ, LA JEUNE MAROCAINE QUI DÉFIE LES VAGUES

Le surf de haut niveau exige une excellente hygiène de vie. Parle nous de ta routine.

D’abord, il faut manger équilibré. Eviter le gras et les sucres. Bien s’hydrater et surtout dormir tôt pour être en forme le lendemain. Je veille à consommer des protéines et ce qu’il me faut de sucre. Juste assez pour avoir de l’énergie. Aujourd’hui, pour pratiquer le surf, il faut mener un mode de vie healthy pour pouvoir être endurant, souple et puissant sur la planche.

Quelle serait pour toi l’ultime consécration ? Le rêve que tu aimerais voir se réaliser ?

J’ai plusieurs rêves, le premier a été réalisé puisque je suis championne du Maroc en titre toutes catégories confondues. J’ai aussi un autre rêve qui peut paraître irréalisable. C’est celui de battre le record de Kelly Slater qui à été huit fois champion du monde. Mais pour l’instant, je suis surtout focus sur les championnats d’Europe et d’Afrique que je rêve de gagner.

La bobine – testing my new boards

testing new boards!!!!

Posted by Lilias Tebbaï on Tuesday, August 28, 2018

Toutes ces compétitions à l’étranger et ces voyages pour t’entrainer, cela doit coûter cher. Comment fais-tu pour financer ton talent ?

Justement c‘est un appel aux sponsors marocains que j’ai envie de lancer parce que les voyages coûtent chers. Au delà des frais de nos déplacements, il y a d’autres frais comme ceux du kiné, yoga, salle de fitness, diététicien, sophrologue, etc. J’ai la chance d’avoir à mes côtés Thierry Delbourg, le grand shaper français originaire du Maroc. Mais pour le reste, nous avons besoin d’un sponsor qui me ferait confiance pour devenir ambassadrice de sa marque afin de porter très haut ses couleurs. Un peu comme le font Attijari Wafabank avec Brahim Iddouch, Paradis Plage avec Othman Choufani ou encore Quiksilver avec Ramzi Boukhiam. Je suis jeune, mais je suis très consciente de mon talent, de mon potentiel et de ma détermination. De plus, je suis une femme. Les entreprises marocaines auraient tout a gagner en encourageant les championnes marocaines de demain car il s’agit, avant tout, de faire flotter le drapeau marocain.

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